C’est quoi la Blockchain ?

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La blockchain ou « chaîne de blocs » est une technologie transparente, ultra sécurisée et sans organe central de contrôle qui permet l’enregistrement et le stockage d’information.

Le terme blockchain est apparu pour la première fois en 2008 avec la mise sur le marché de la cryptomonnaie bitcoin par son inventeur dit « Satoshi Nakamoto » qui est jusque là inconnu. C’est le support informatique du bitcoin.

Une blockchain est constituée de plusieurs blocs qui en se reliant entre eux forment une chaîne. Néanmoins, la chaîne de blocs du bitcoin est particulière. Toutes les 10 minutes, un bloc rempli de transactions (25000 environ) vient s’ajouter à la chaîne déjà existante. Depuis le bloc genèse, le premier de la chaîne et à l’heure où nous rédigeons cet article, environ 595900 blocs ont été créés. La sécurisation du système s’agrandit au fur et à mesure que s’ajoute un bloc de transaction. Ainsi, les informations contenues dans un bloc sont ineffaçables. Il faut dire que le résumé du contenu du bloc précédent est inscrit sur le bloc suivant et ainsi de suite, rendant ainsi le système inviolable et indestructible.

blockchain
Source: Blockchain

De manière pratique, une blockchain peut-être représentée dans la vie réelle tel un grand livre ou un carnet de banque dans lequel est inscrit toutes les transactions. Celles-ci sont consultables, vérifiables et non modifiables. Les blockchains peuvent être soit privées (ouvertes à un certain nombre de personnes spécifiques) ou publiques (ouvertes à tout le monde).

La grande différence avec les technologies actuelles, c’est que la vérification des transactions se fait de manière décentralisée. Chaque partie confirme la transaction et une fois cette opération réalisée, la transaction est vérifiée puis crypter pour être intégré dans la blockchain. Ce cryptage est réalisée par un nœud qui peut être une personne (que l’on appelle un mineur dans le jargon) ou par un tiers de confiance (une institution) selon le type de blockchain. En effet, une blockchain peut être publique ou privé. Voici un graphique récapitulant le fonctionnement d’une Blockchain :

fonctionnement blockchain

La base de données transactionnelle que représente la blockchain est distribuée d’entre tous les utilisateurs qui peuvent alors vérifier facilement la validité des transactions, des blocs ou de la chaîne de blocs en général. Ceux qui valident les blocs de la chaîne constituent les « nœuds du réseau » que l’on appelle les mineurs. Le mot mineur vient de minage qui fait référence à la recherche de pierres ou métaux précieux dans les mines physiques (mines d’or par exemple). Dans le jargon informatique le « proof of work » ou « preuve de travail détermine » l’activité liées au minage. La validation d’un bloc par un mineur aboutit à une compétition résultant en la résolution de problèmes algorithmiques laquelle sera récompensée par des bitcoins (soit 12.5 bitcoins toutes les 10 minutes pour l’instant).

Les avantages de la technologie blockchain

– Sécurité : Une fois la transaction enregistrée dans la blockchain, elle ne peut pas être modifiée. Les technologies actuelles ne garantissent pas cette inviolabilité des données.

– Accessibilité : Les opérations enregistrées dans la blockchain sont visibles par tous si elle est publique. Tous les participants ont alors accès à la base de données confirmant les transactions. La transparence est totale.

– Coûts réduits : La blockchain permet de supprimer un grand nombre d’intermédiaires. Le seul intermédiaire entre 2 agents économiques passant une transaction, c’est le crypteur (une personne ou une entité). Moins d’intermédiaires, cela signifie un coût de fonctionnement réduit par rapport aux autres technologies.


Les différents modèles de blockchain

Blockchain publique

La base de données des transactions est publique, elle est ouverte à tous. La transparence est totale. Chaque personne peut librement passer une transaction à tout moment. La vérification et l’intégration des transactions à la blockchain est réalisée par une personne physique, les mineurs de crypto monnaie. Ces mineurs sont des geeks équipés d’un matériel informatique puissant permettant de crypter les données.
Il existe des milliers de mineurs de crypto monnaie dans le monde et ils sont rémunérés pour chaque opération de cryptage d’un bloc. Seuls les plus rapides sont rémunérés. Avec une blockchain publique, il n’y a donc pas d’intermédiaire de confiance dans le processus et la décentralisation est totale. La base de données est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. C’est le modèle le plus connu, il est utilisé notamment par Bitcoin.

Blockchain consortium

Contrairement à la blockchain publique, la vérification et le cryptage des données n’est pas effectuée par une personne physique mais par plusieurs tiers de confiance. Ces tiers de confiance peuvent être par exemple une institution financière. Ce modèle n’est donc que partiellement décentralisée. L’accès à la base de données est ouvert à tous si les tiers de confiance le décident. Dans le cas contraire, l’accès est restreint aux participants de la blockchain. Une blockchain de consortium pourrait par exemple se faire entre banques pour disposer d’une base de données commune regroupant l’ensemble des opérations interbancaires.

Blockchain privé

C’est un modèle centralisé. L’enregistrement et le cryptage des données est réalisée par une seule entité. Cette entité doit être considéré comme un tiers de confiance. L’accès à la Blockchain peut être ouvert à tous ou restreint aux participants (la 2ème solution est choisie le plus souvent). Ce modèle intéresse tout particulièrement les entreprises privées.


Une technologie open source

La blockchain est un modèle open source, c’est à dire que son code est mis à disposition gratuitement et accessible à tous. La technologie de la blockchain n’appartient à personne. Chaque individu ou entité peut utiliser la blockchain comme il le souhaite. Dans un modèle public tel que le Bitcoin, la transparence est totale. D’autres crypto-monnaies, concurrentes du Bitcoin ont d’ailleurs été crée par la suite en utilisant le même code.

Les blockchains publiques basées sur le communautaire ne sont pas adaptés aux besoins des entreprises et ces dernières se tournent majoritairement vers les blockchains privées. Dans le cas du Bitcoin, une transaction n’a pas de valeur légale, c’est un simple contrat de gré à gré.

Les blockchains privées permettent de définir un cadre légal étant donné que l’opération passe par un tiers de confiance. De plus, les développements réalisés en interne pour adapter la blockchain à une activité n’appartiennent pas au domaine public. Ces développements ne sont accessibles que pour le développeur et non pour l’ensemble des participants de la blockchain. C’est pour ces raisons que les blockchains privées sont les plus plébiscités par les entreprises.

Les blockchains en consortium sont basées sur le même principe mais leur utilisation pose problème. En effet, bien que les avantages soient nombreux, l’ensemble des tiers de confiance (les nœuds) ont accès aux données de la blockchain. Or, il y a des données qui ne doivent pas être partagés entre tiers. A ce jour, il n’existe pas de cadre juridique pour palier à ce problème.

Un concept révolutionnaire

Pour le moment, la technologie blockchain est très peu utilisée mais cela pourrait changer rapidement dans les années à venir. De nombreux modèles économiques actuelles seraient remis en cause. Par rapport à ces derniers, la blockchain offre une sécurité sans faille, une transparence accrue et une gestion simplifiée et moins couteuse des opérations (réduction du nombre d’intermédiaires).

De très nombreux gouvernements, institutions et entreprises étudient actuellement comment adapter le principe de la blockchain à leur périmètre de compétence. Grâce son fonctionnement en réseau, la blockchain pourrait permettre de supprimer toutes les autorités de régulation. On peut distinguer 3 grands domaines d’applications :

– Le transfert d’actifs : Le transfert de propriété d’un actif (financier, immobilier….) pourrait se faire via une blockchain. Imaginer par exemple un monde sans notaire. L’enregistrement des transactions se ferait directement via cadastre ouvert à tous (blockchain publique).

– La traçabilité : Connaître l’origine d’un produit ou d’un actif pourrait se faire via une blockchain. Imaginer un monde ou l’on connaît l’origine de chaque composant d’un produit, l’historique complet d’un actif…

– Smart application : Conclure des contrats de gré à gré et s’assurer de l’exécution des termes et conditions pourrait se faire via une blockchain. Imaginer un monde sans huissier, sans assureurs, sans banquiers, sans AirBnb, sans Uber, sans Ebay…

Après insertion de ce qu’on appelle les « smart contracts » dans la blockchain, le large potentiel d’utilisation de celle-ci s’étend de nos jours au-delà des frontières de simple cryptomonnaie. Outre la monnaie électronique, la blockchain est utilisée dans la vie courante pour l’enregistrement et l’authentification des diplômes, le secteur de l’immobilier, la musique, les publications en ligne, le cadastre, etc.

La blockchain a un large potentiel. On en dit la première révolution après l’ère internet depuis 1993.

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